AmnésIE
ÉGAREMENT
J'AI ENVIE
FEUILLE BLANCHE
L'INSPIRATION
ÉCLAT DE LA BETISE
ÂME REVOLTEE
SILENCE SALUTAIRE
DESTINEE OBSCURE
LE MUR
TA DESTINEE
REVOLTE
décide-toi
TRISTE SORT
QUESTIONNEMENT
ON RACONTE
PARTIR...
ON RATE TOUJOURS UN TRAIN
MONSIEUR LE TEMPS
PLAIDOIRIE AVORTEE
L’OPPRESSEUR
GRAND C...
VAMPIRES MODERNES
MOMIFIER...
APOCALYPSE
COLOMBE
Adieu Tyran
FEMME MANIAQUE
TON SOUVENIR
LUMIERE FATALE
DOUX AVEU
INSPIRATION
ÊTRE TON ETRE
IL N’Y AURA QUE TOI

 

 

 


AmnésIE

 

 

Ton royaume n’a plus de confins

J’ai beau me révolter

J’ai beau cherché

A y mettre fin

Mes tentatives n’ont servi à rien

 

Ton empire

Habite mon cerveau

Et s’y cramponne avec une force implacable

S’il te plaît, sois aimable

Quitte moi

Abhorre mon monde

Beaucoup de gens ont besoin que tu les inondes

Que tu les enveloppes de ton ombre

 

Certes, un jour, tu étais pour moi

Le remède tant attendu

Le remède miracle

Je me suis donné toutes les peines du monde

Pour que tu sois ma compagne

Je t’ai faite jumelle de mon âme

Comme un océan qui déroule ses flots

Tu as envahi les profondeurs de mon être

 

Chaque pas que je faisais

Chaque mot que je disais

C’était grâce à ta magie

Ton esclave j’étais devenu

 

 

 

Ton esclave je voulais rester

Car tu étais ma libératrice

Tu m’avais arraché à moi-même

Tu avais effacé en moi mon passé

Aujourd’hui je te demande de me quitter

Je te souhaite de trépasser

 

Afin que je me revois en moi

Comme j’étais autrefois

Avant de te connaître

Avant de t’idolâtrer

Avant de faire de toi le temple de mes prières

 

Aujourd’hui je n’ai plus

Qu’une seule prière

Que je ne cesse de psalmodier

Que je ne cesse de crier

Pour que de ma vie tu disparaisses à jamais

Toi que personne autour de moi ne connaît

Toi que je peux maintenant nommer

Amnésie ! Amnésie !

 

Amnésie !

 

Sais-tu ô mon amnésie

Que mon histoire ne pourra se façonner

Qu’à partir de mon histoire
L’histoire de mon passé.

 

 

 

ÉGAREMENT

 

 

Mémoire endormie

Écrasée, vaincue

Par des souvenirs séculaires

Les souvenirs de la honte !

Une histoire jalonnée

De déboires et de défaites

Mémoire qui refoule

Qui anéantit

Qui rejette

L’homme que je suis

Mon histoire  me dégrade

L’homme que je suis n’est plus

Que l’écho à peine perceptible

D’une conscience

Qui fut la plénitude de mon être

Égaré dans une identité disloquée

Perdu dans les méandres des chimères

Je cherche encore un millième

De ce qu’était ma conscience.

 

 

 

 

 

J'AI ENVIE

 

 

J'ai envie

J'ai tant envie de dire

Sans frémir

Que cette peur

Qui habite mes entrailles

Qui chaque fois me fait m'accroupir

Qui chaque fois me fait sentir

Qu'autour de moi, il n'y a que du pire

 

J'ai tant envie de dire

Que cette peur devra périr

Mais ma volonté me trahit

Et je demeure

L'éternelle proie de ma peur

 

Est-ce cela la vie

La vie imposée par la politique

Bien dosée

De ceux-là même

Qui ont tout manigancé

Pour qu'en moi s'éternise la peur

Et pour que jamais je ne pourrai dire

Que je vais enfin être

Un homme libre....

 

 

 

 

 

FEUILLE BLANCHE

 

 

Chaque fois

Que j’ai envie

D’esquisser quelques mots

Et me trouve devant toi

Je prends ta couleur

Je pâlis de peur

Et un torrent d’effroi

Emplit mon cœur

En pareil moment

Je ne peux contenir mon désarroi

L’élan de ma pensée

Provoque en moi

Un séisme de mots incontrôlables

De mots indéchiffrables

Tout mon passé

Surgit d’un seul coup

Et me paralyse de dégoût

L’extinction de mon courage

Devient inévitable

 

Jusqu’à quand

Vais-je encore souffrir

Des innombrables contradictions

Des paradoxes et des tensions

D’une existence

Sans cesse tourmentée

Sans cesse hantée

 

Par le spectre

De mon être profond

 

Et pourtant, comble de l’absurde

Tu n’es qu’une feuille blanche

Une quelconque feuille blanche

Mais ton incessante exigence

Fait de toi

Une source d’épouvante

Une sorte de bête écœurante

Qui me repousse

Qui me martyrise

Qui me laisse toujours

En prise

Avec un tourbillon infernal

De doute et de désespoir

 

Et pourtant, comble de l’absurde

Ce n’est que toi

Qui peux encore

Quelque chose pour moi

Qui peux encore me délivrer

De mon mutisme exacerbé

De me sauver

De l’atrocité que chaque jour

Je subis

L’atrocité de ma solitude infinie.

 

 

 

 

 

 

L'INSPIRATION

 

 

Qu'attends-tu

Pour revenir au bercail

Pour venir frapper

De nouveau à ma porte

Pour éveiller en moi

De nouvelles sensations

 

Le temps passe vite

Tu sais

Je prends de l'âge

Tu sais

Et n'ai plus le courage

Ni la patience

De rester à ne rien à faire

Sauf de t'attendre

 

J'ai beau cherché à t'amadouer

Je t'ai mille fois supplié

Tu n'as pas daigné

Une fois pour toute me dire

Que je n'ai plus à t'attendre

Et que toute tentative de ma part

Sera irrecevable

Sera même condamnable

Tu sais,

Ta longue absence

A fait de mon cerveau une ruine

A peine on perçoit

Qu'autrefois

Il était plein de choses merveilleuses

Qu'avec aisance

Je façonnais

Et transformais

En idylles chantant l'espoir

En paroles scandant ici et là

Le recommencement

L’échec n'est plus qu'hallucination

Fruit d'une lassitude passagère

La persévérance reste, et pour toujours ma devise

Et c'est pour cela, ma chère

Que je passerai s'il le faut

Ma vie à t'attendre

Une multitude de mots

Grouillent de nouveau dans ma tête

Et mon souhait le plus profond

Est que tu puisses sans trop tarder venir

Pour les vêtir

De ta magie

Ton inépuisable magie

Qui a su faire voyager

Des mots semblables

A travers les âges

Je t'implore

Mille fois, je t'implore

Reviens, même pour quelques moments

Reviens

Tu es la seule chose

Qu'il m'est donné encore de convoiter

0 Inspiration

 

 

 

 

 

 

 

ÉCLAT DE LA BETISE

 

 

Je ne cesse de fredonner

Cet air nostalgique

De ma tendre jeunesse

Pour que le reflux de  mes souvenirs

Envahisse de nouveau ma mémoire

 

Mais en vain !

Je reste cloîtré dans mon quotidien

Déchiqueté par la réalité de mon présent

 

Les gens autour de moi

Continuent de fourmiller

De patauger dans les ténèbres

De leur inconscience

Aveuglés par l’éclat de la bêtise

La plus monumentale

La plus inégalable

Qu’ils appellent  « leur vie »

 

Et que vive la vie !

 

 

 

 

 

 

ÂME REVOLTEE

 

 

Tais-toi ô voix de mon âme

Âme révoltée, âme qui s’enflamme

Et se débat dans un monde de crapules

 

Un monde où de souffrance tu te soûles

Ta voix me peine et ulcère mon cœur

Ta voix me chagrine et attise mon malheur

 

Quand viendra le jour qui effacera ta colère

Quand explosera le volcan de ton mystère

Qu’est-il advenu de ton ardeur rayonnante

 

De ce temps qui t’enivre et t’enchante

De ce monde où tu puises ton bonheur

De ce monde où tu luisais de splendeur.

 

 

 

 

 

 

SILENCE SALUTAIRE

 

 

Un torrent de mots

M’accable nuit et jour

Fleuve débordant

Ébranlant mes racines

Perdu dans mon âme

Égaré à ne plus en finir

 

Je cherche à m’accrocher

A l’infime brindille

Qui me reste de moi-même

 

Que de péripéties

Que d’antagonismes

Où est ma force

Où est mon humanisme

 

Ma pensée me trahit

Ma voix gutturale

N’a plus d’échos

Le désert du silence

L’étouffe et la rend inintelligible

 

Je pioche dans mes souvenirs

En quête d’une oreille attentive

Vaine tentative

Mon destin me rappelle

Avec éloquence

Sa triste évidence

 

 

Mes mots désormais

N’auront plus de sens

Et leur tyrannie

A juré de m’ensevelir

Et de m’envelopper

Pour toujours

Dans le linceul fétide

Du silence...

 

Triste sort que je n’ai autre choix

Que d’accepter

Que de m’y adapter

Si je souhaite encore conserver
Le peu qui me reste de moi même.

 
 

 

 

DESTINEE OBSCURE

 

 

De soubresauts en soubresauts

D’amertume en amertume

Mon âme est toujours là pour subir

Image fatale d’un obscurantisme infini

Dédales encombrés

De choses fatales et prédestinées

Tissées par la main d’une destinée

Et sans cesse réanimées

 

Pour que l’écœurement reste vivant

Pour que le dégoût remplace le vent

Et souffle à tout instant

Pour rappeler indéfiniment

Que nos jours ne verront jamais de meilleurs jours

Condamnés à jamais par ce triste sort

 

Et malgré l’hypocrisie des inventeurs d’espoir

Nous traînons comme des cafards

En proie à l’ultime hasard

Qui fait de nous, ce que nous sommes

Des âmes damnées, des âmes obscures

Avides de banalités et de tristes plaisirs

 

Afin que l’oubli soit notre sauveur

Afin que la vie nous soit supportable.

 

 

 

 

 

 

LE MUR

 

 

Que pourrai-je encore faire

Pour supporter ma vie

 

J’ai en moi fouiné

J’ai en moi cherché

La volonté nécessaire

La force nécessaire

 

Le mur est toujours là

Je suis las

 

La lumière n’existe plus

Le chemin demeure obscur

 

Que de temps perdu

Alors que le firmament

M’interpelle

Me harcèle

Pour la quiétude sollicitée

Pour pouvoir à jamais

La paix mériter

Pour cohabiter avec l’éternité

Mécanisme d’une problématique insoluble

 

Qu’est ce qui peut être valable

Le néant qui consume mon être

La sagesse qui m’encombre

 

 

N’est-il pas clair

Qu’il devient évident

De tout enterrer

De tout annihiler et de recommencer

Puisque la vie devra être

Un éternel recommencement

 

Comment est-ce possible

Les choses qui peuvent

Aujourd’hui être plausibles

Le lendemain

Deviennent inutiles et nuisibles

 

Que la vie est terrible !

 

Devient-il certain

Pour que l’être en nous

Puisse vivre

 

Il faut supprimer

Le monde qui nous a fait

Qui à chaque instant

Nous façonne

Nous broie

Nous annihile...

 

 

 

 

 

 

TA DESTINEE

 

 

Malheureux qui es là

Que ne cesses-tu de gémir

De hennir

Comme une âme enragée

Pourquoi t’affaisses-tu

T’abandonnes-tu à ta misère

A ton enfer

 

Je frémis de te voir

Indéfiniment secoué

Par le flot torrentiel de ta pensée

 

Ta vie n’est plus qu’un

Champ de contradictions

Ramasse tes affaires

Tu seras apaisé de partir

De mettre du vent dans

Les voiles de ta destinée

Et la laisser s’envoler

Dans l’espace incommensurable

De contrées jusque là inconnues

 

Vas, pars

Ne regarde pas en arrière

La vie se trouve devant

Derrière, c’est l’enfer de toi-même.

 

 

 

 

 

 

REVOLTE

 

 

J’ai trop longtemps patienté

J’ai trop longtemps attenté

à mon honneur, à ma dignité

D’avoir accepté

D’être l’esclave de la bêtise

De la félonie

De la connerie

De ceux qui pensent

Détenir dans leur main

Notre vie, notre destin

 

Aujourd’hui, ma révolte m’étouffe

Et secoue tout mon être

De l’interrogation a jailli enfin

L’éclair annonciateur

D’une nouvelle vie

Du nouveau chemin

 

Il me faut désormais

Être ce que je dois être

Et non plus ce que j’ai pu être

 

Il n’est plus question

D’accepter et de feindre

La vie est là dans sa majesté

Dans sa plus grande fierté

Elle n’est pas comme on nous l’a toujours dépeinte

 

 

Que de merveilles que de beauté

Aujourd’hui ô Mme « la vie »

J’ai décidé tout simplement

Humblement

De laisser mon cœur

Tomber dans tes fers

D’être ton éternel amant

Ton fidèle amant

 

 

Mon seul destin sera

Désormais celui-là

Et qu’à partir de ce moment

Je te le jure

Personne ne sera en mesure

De posséder le moindre grain

De mon destin.

 

 

 

 

 

 

décide-toi

 

 

Plus rien
Ne te retient

Qu'attends-tu alors

Sois très fort

Tu n'as pas le temps

Pour un quelconque choix

Décide toi

Débarrasse toi

Des éternelles hésitations

Des vaines tentations

Des ceci, des cela

Arrête de te plaindre

Arrête de feindre

Qu'est-ce que tu as à craindre

Si des fois

Tu décides

Cesse de geindre

Il n'y a qu'une décision

Sans hésitation

Qui pourrait

Te sauver

Pour toujours.

 

 

 

 

 

 

TRISTE SORT

 

 

Accablé par les années

Ruminant des souvenirs surannés

Refusant d'enterrer

Pour toujours

L’éclat de mes jours

Et de sombrer

Sous les décombres

De mes échecs répétés

J'affronte encore

Avec courage

Ce triste sort

Que je n'ai guère voulu

Que je n'aime guère

 

Demain, c'est certain

Je me frayerai un autre chemin

Parmi ces tristes humains

Qui ont fait de ce monde

Une tombe sans fin

Oubliant chants et musique

Faisant tonner le canon endémique

De leur connerie historique

 

Un autre chemin

Qui me mènerai loin

Pour triompher, c'est certain

De la bêtise séculaire

Empâtée par la haine et le dédain

 

 

De ceux qui, tenants d'arbitraire

Façonnent sur terre

L'histoire des hommes

Mon histoire

Ton histoire

A laquelle nous nous résignons

A laquelle nous nous habituons

Si toutefois

Nous souhaitons encore vivre

Et nous targuer d'appartenir

A ce monde immonde

 

 

 

 

 

 

 

QUESTIONNEMENT

 

 

Penser , réfléchir

Vouloir toujours

Trouver le pourquoi des choses

Mettre en question

Mettre en cause

Pourquoi tel ou tel effet

De telle ou telle cause

Pourquoi cette existence

Pourquoi cette vie , pourquoi la mort

Qu'est-ce qu'avoir raison

Qu'est-ce qu'avoir tort

Faut-il vivre et se taire

Faut-il vivre et ne rien voir

A tout vouloir comprendre

Peut nous faire tout détester

A tout vouloir savoir

Peut à notre âme attenter

La ternir et l'envelopper

Dans un voile sombre

Où es-tu ô ma sagesse

Où es-tu ô mon courage

Pour sortir de cet engrenage

Faudrait-il que je renaisse?

La vie ne se renouvelle plus

Les questions restent les mêmes

Que je hais ou que j'aime

La vie sera toujours là

Pour dicter , sans répit, ses lois.

 

 

 

 

 

 

ON RACONTE

 

On raconte

Que je raconte

Ce que tout le monde

Se raconte

Que je n'ai guère évolué

Que je deviens redondant

Que personne ne veut plus

De ce que je raconte

Tellement ça devient redondant

C'est tout à fait vrai

Car je n'invente rien

Ce qui me semble vérité

Ne date pas de moi

Aucune prétention de ma part
Ca date de tous les temps

Ce n'est pas de ma faute

Si l'humanité reste l'humanité

 

Depuis que des hommes se sont mis à penser

Aux choses en somme

De l'humanité

La vie en soi

est restée la même

Comment dans ce cas

Ne pourrais-je pas

Etre redondant

 

 

Les sentiments des hommes d'antan

Sont les sentiments des hommes d'aujourd'hui

Aucun homme depuis n'est devenu Dieu

On a connu des prophètes

Ceux-là n'étaient pas semble-t-il

Redondants

 

Je n'en suis pas un

Prêcher n'est pas mon fort

Je ne suis qu'un simple curieux

Qui cherche la vérité

Afin de comprendre

Pourquoi je suis ce que je suis

Pourquoi les autres sont ce qu'ils sont

Afin de savoir
Si je dois rester ce que je suis

Si je dois différer de ce que sont les autres

Qu'importe si on me taxe de redondant

Qu'importe si ce que je dis

Fais ou écris

Est critiqué ou considéré

Comme synonyme de banalité

 

Je me suis juré

De ne pas m'arrêter

Que je sois attaqué

Ça ne pourrait être que le signe

Que quelque chose de moi a dérangé

N'est-ce pas là déjà

Ma finalité ?

 

 

 

 

 

 

PARTIR...

 

 

Partir, partir !

Où çà partir

Le voyage, le vrai

N’est-il pas celui

Qu’on effectue en nous-mêmes

Ne sommes nous pas un mouvement perpétuel...

 

Partir ! partir !

Ne sommes-nous pas toujours en train de partir

 

Les contrées de l’âme n’ont pas de frontières.

L’univers du cœur n’a guère d’horizon.

Le cerveau est un phare

Qui ne s’éteint qu’avec la mort.

 

Et l’esprit

 

N’est-il pas l’éternel voyageur

Citoyen d’un monde de chimères,

Il ne cesse de parcourir

Les champs fertiles de la

Connaissance.

 

A chaque instant de la vie,

Il s’en va à destination de quelque part.

 

 

 

 

 

 

ON RATE TOUJOURS UN TRAIN

 

 

On rate toujours un train

Quelque part

Comme une vie qui passe

 

L’hirondelle de mes rêves perce

Vers l’inconnu...

Est-ce le temps qui se renouvelle

Est-ce le flot de la tendre jeunesse

Qui remonte le courant de la vie

 

Étonnant résultat d’une destinée

Créatrice...

 

Dompter l’incompréhensible

Croire aux mensonges de l’homme

Avide d’éternité...

 

L’homme qui camoufle le secret de

Sa triste faiblesse...

Il se veut fort et invincible

Il se transmet à travers

Les générations de la gloire

Redoutable arme de la lutte

Contre le néant

 

Mais de faiblesse en faiblesse

L’homme inventorie ses chutes répétées

Et se fait jumeau avec les méandres de l’histoire.

 

 

 

 

 

 

MONSIEUR LE TEMPS

 

 

Une musique doucereuse

Chatouille mes oreilles

Je me réveille

Et me trouve enchanté

D’entendre cette berceuse

Monter du gouffre de mon âme

Comme un torrent de sensations merveilleuses

 

Que le temps ne s’arrêtât

A cet instant ne fut-ce qu’une seconde

Pardon, Monsieur le Temps

J’avais oublié que vous étiez

Le guerrier invincible

Implacable

Qui habite l’avenir

 

C’est jouer avec le feu

Que de te vouloir dompter

Ne chicanons pas

Je sais que tu es toujours là

Dans ta plus parfaite majesté

Et que moi, dans ma toute petite

Petitesse

Ne peux te combattre

 

Vas y, passe

Puisqu’en passant

Je peux, moi aussi, passer !

 

 

 

 

PLAIDOIRIE AVORTEE

 

 

Accusé

Levez-vous !

 

A  chaque seconde

C’est ce que mes oreilles entendent

Qu’ai-je fait ?

Qu’ai-je contrefait ?

 

Il serait vain de savoir

Il serait bête de débattre

D’un sort déjà connu

D’un jugement déjà connu

D’un arbitraire déjà connu

D’une injustice déjà connue

 

à partir du moment

Où on récuse

Où on refuse

D’être l’esclave

De celui qui domine

De celui qui culmine

Et qui pense avoir

Le pouvoir

D’asservir

Et d’assujettir

Les pauvres gueux

Que sont les autres

Nous sommes déjà accusés

 

Et notre plaidoirie

Est à l’avance refusée

Et nous ne pouvons

Hélas !

Mille fois hélas !

Qu’être sans réellement être

Et demeurer

Pour l’éternité

Les éternels accusés...

 

 

 

 

 

 

L’OPPRESSEUR

 

 

Certes tu possèdes le pouvoir

Certes tu sais qu’avec cela

Tu peux tout avoir

Tu t’en enorgueillis

Tu te métamorphoses

Tu deviens un géant

Et tu te sens en symbiose

Avec l’éternité

 

Baliverne !

Absurdité !

Que tu ne reviennes à la réalité

 

Tu n’es guère ce que tu crois

Tu peux me crucifier

Tu peux en un tour de bras

Me mettre sous le joug

De ta suprématie

Puisque tu es quelqu’un

De très haut placé

Et que tu ne peux agir

Que comme ceux qui sont très haut placés

 

Camouflage, vanité, orgueil

Mensonge, arbitraire

C’est tout cela ton lot

Et tu te dis téméraire

 

Tu peux me dicter tes lois

Chercher à m’asservir

Et mon image ternir

Mais jamais tu ne pourras

Égaler, atteindre

Le monde secret de mon âme

 

Tu n’es qu’un petit amateur

Friand de mots flatteurs

Traînant sous sa carapace

Une âme ombragée

Une âme immonde

 

La main de Satan

Est d’une propreté limpide

Comparée à la saleté nauséabonde

De ton être

 

Que dis-je ?

De ton âme !

 

 

 

 

 

 

GRAND C...

 

 

Cher monsieur

Pourquoi es-tu haineux

Que t’ai-je fait

 

Que t’ai-je dit

Qui a pu gêner ta vanité

Qui a pu mordiller ta probité

Qui a pu ébranler ta majesté

 

Quelqu’un a dit :

« Aussi grand que sont les rois

Ils sont ce que nous sommes »

 

Me considérant

Tout simplement

Tout bêtement

Comme un homme

Se peut-il, de ce fait

Que toi
Cher monsieur

Pour que tu sois

Différent de moi

Tu n’aies plus d’échappatoires

Que tu n’aies plus

D’autres solutions

Qui puissent te donner la quiétude

Qui puissent te donner la certitude

Que tu es différent de moi

 

 

Que par la seule manière

Que t’accorde ton pouvoir

Sans te gêner

Sans même t’émouvoir

Comme ça ,froidement

Comme quelqu’un

Qui de par son intelligence

Pense posséder

Tout le savoir

Pour qu’enfin

Il puisse prétendre

Il puisse affermir

Que sa personne

Se trouve sur un autre piédestal

Le piédestal des immortels

Le piédestal des dieux

Et jamais

Au grand jamais

Sur celui des humains

 

Mon humanisme certain

M’empêche de te dire

Que tu n’es qu’un grand C...

Qui pourrait, tellement il est grand

Entourer la terre entière.

 

 


 

 

 

VAMPIRES MODERNES

 

 

Charognards !

De quel sang

Comptez-vous encore

Vous abreuver ?

 

Ne vous suffit-il pas

De tuer en nous

Ce qu’il y a de plus cher

Que nous cherchons

Avec le peu de force qui nous reste

Avec le peu de courage qui nous anime

Pour en sauvegarder

La partie la plus infime

Du brin qui nous reste de nos sentiments

 

Certes, nous sommes

Ce que vous voulez que nous soyons

Certes, vous voulez que nous nous effacions

Pour cela vous êtes devenus des vampires

Pour vous approprier notre sang

Allez-y, sucez encore

Vous êtes les plus forts

Et dans le monde cafardeux où nous traînons

La destinée a fait de vous les meilleurs

 

 

Charognards !

 

Notre sang va bientôt tarir, s’épuiser

Auriez vous après cela

D’autres viles besognes

Qui vous permettraient de vous extasier

D’une gloire fantasmagorique

Et de vous pavaner

Dans un monde féerique

Fait de votre psychisme

Grouillant de mille monstres

Affamés

 

Vous avez tout obscurci

Là où vous mettez vos pas

C’est un désert qui surgit

Et le printemps

Devient comme un rêve  lointain

 

 

 

 

 

 

MOMIFIER...

 

 

Nous devons nous taire

Nous devons vous laisser faire

C'est votre diktat

Nous aurions beau nous révolter

Votre force est telle que

Seul le silence peut nous sauver

Votre souhait profond

C'est de vouloir

Nous momifier

Nous mettre dans un sarcophage

Et de tourner

pour des siècle durant

La page...

 

 

 

 

 

APOCALYPSE

 

 

Ô mon Dieu

Dieu miséricordieux

Est-ce la fin

L’Apocalypse est déjà là

 

Horreur !

Elle s’amplifie

Elle pétrifie

Elle jouit

De nous voir horrifiés

 

Les choses se sont figées

L’espoir s’est bloqué, s’est disloqué

Le regard n’a plus de gaieté

Les ténèbres de la jungle

L’ont aveuglé

 

La joie n’est plus

Le bonheur n’est plus

L’amour n’est plus

L’homme n’est plus !

 

Tout fout le camp

Sous l’étreinte démesurée

D’un rêve agonisant

D’un rêve depuis longtemps

Broyé, assassiné.

 

 

 

 

 

 

COLOMBE

 

 

Pour toi colombe bien aimée

Je chante

Pour toi j’égrène le chapelet

De mes ardentes prières

Pour toi je me débats dans cette triste

Et affreuse guerre

Pour effacer la guerre par la guerre

 

Ma seule arme étant ma profonde pensée

Cette pensée qui pense à détruire

La gigantesque muraille de la peur

Bâtie par l’homme

 

Colombe ! colombe !

Mon cœur se lève et retombe

Dans le gouffre du désespoir amer

Et toi colombe, tu refuses

De me fredonner la chanson de la paix

 

Du fond de moi je t’implore

Que le vacarme des armes soit tu

 

Hélas ! mille fois hélas !

Les hommes se meurent et s’entre-tuent

 

 

 

 

 

 

Adieu Tyran

 

 

Tu as enfin

Annoncé ton départ

Une larme de crocodile

A scintillé dans ton oeil

Hier encore

Rempli de haine et de dédain

Que dis-je de venin

 

Notre existence était pour toi

Parasitaire

Le monde n'était fait

Que pour ta personne

Toi seul, avais le droit à tout

Selon toi, c'était héréditaire

 

A ce jour personne

Ne peut dire

C'est à en rire

Ne peut nommer

Ou décrire

Celui qui t'a légué cet héritage

Car de Néron à Hitler

Tous les fachos de l'histoire

Comparés à toi

N'étaient que de simples enfants innocents

 

 

Tu nous a fait tant souffrir

Sciemment, volontairement

Ton sadisme n'avait pas d'égal

C'était pour toi une fringale

De nous voir mortifiés

De la peur que tu semais

Tu nous as moralement assassinés

Et nos âmes piétinés

Tu as réussi jusqu'à la fin

Car notre lâcheté

N'avait pas de confins

Bien que tu penses

Que tu n'as rien

Sur la conscience

Sache bien

Qu'au moins

C'est moi

Qui écrirai

Avec une immense joie

Ton épitaphe

Je n'écrirai point

Que Dieu ait son âme

Car tu n'avais pas d'âme

J'écrirai en grosses lettres

Pour t'envoyer paître

« Adieu bâtard

Adieu Tyran     »

 

 

 

 



FEMME MANIAQUE

 

 

Femme infâme

Qu’as-tu fait de mon âme

Se peut-il que ton dédain

Soit le prix de mon amour

 

Triste conclusion d’une romance

Qui aurait pu être sans fin

 

Je pensais qu’avec toi

J’allais connaître le sens de la joie

Qu’avec toi enfin

Ni la tristesse ni le chagrin

N’allaient plus pouvoir

Atteindre mon cœur

 

Hélas ! avec toi et à cause

De tes stupides manies

Mon cœur devient la scène

Sur laquelle se joue

Une interminable tragédie

Que puis-je dire encore à mon cœur

Si ce n’est que tu l’as brisé

Avec ta haine et ta rancœur

 

J’avais voulu louer tes charmes

Chanter ta beauté

Dire au monde

Ce que ton regard angélique

 

Peut cacher comme clarté

Et tes lèvres, sans cesse capricieuses

Instrument sur lequel se joue une mélodie divine

Source d’élixir intarissable

Combien sont délicieuses...

Et répéter encore au monde

Comme un refrain

Que tu étais la lumière

De mes yeux
Sans toi tout devenait sombre
Et moi,
Je n’étais plus qu’une ombre

 

 

 

 

 

 

TON SOUVENIR

 

 

Ton souvenir me hante et m’exaspère

Et comme le souffle d’une vipère

Ton haleine darde encore

Le creux de mes oreilles

 

Je croyais que c’était une foutaise de croire

Je pensais que de tels sentiments

Ne pouvaient être qu’évanescents

 

Et pourtant c’est parti avec un regard à toi

Camouflant comme qui dirait, le secret

De tous les temps

 

Je fus tenté

Tenté de m’anéantir dans le faisceau

De ton regard

Tenté d’arrêter par une main le temps

Et de l’autre cueillir sur tes lèvres

La jeunesse de mes jours

 

L’exploit était de taille

Et ma seule force était mon espoir

Que dire de tant de rêves

M’ayant accablé nuit et jour

Que dire de tant de joie

Tant de bonheur et tant d’amour

Lorsque enfin un jour

J’ai pu être l’hôte heureux

 

Des innombrables merveilles de ton corps

Le monde autour de moi n’avait plus

De mise

Les choses, je frissonne quand je m’en souviens

N’avaient plus de contenance

 

Ah ! Quelle était délicieuse cette aventure !

 

J’étais comme ensorcelé, comme envoûté

De tout ce qui m’entourait je m’en foutais

Il n’y avait plus que toi qui vivais

Tout le reste c’était des fantômes et du néant

C’était quelque chose que je n’avais jamais

Connu auparavant

Même moi je n’existais plus

Ou n’existais qu’à travers toi

 

Quand un regard m’échappait quelque part

Surprise agréable ! C’était toi que je voyais

 

L’aliénation complète d’un être par un autre être

Adoration sublime ou perdition d’une âme ?

Faiblesse profonde d’un cœur affamé ?

Ou tout simplement

Le ravage de l’esprit par les sentiments.

 

 

 

 

 

 

 

LUMIERE FATALE

 

 

Un regard glorieux jaillit des cavernes
De tes yeux
Signe précurseur d’un cerveau empaillé
Fétichisme d’un inconscient
Haletant
 

Et moi ! en face de toi
Je piétine
Je foule l’espoir
Lumière d’antan
Lorsque de nos lèvres coulaient comme un flot
Des tempêtes de délices
 

Que reste-t-il de ce chant légendaire
Le chant qui a su braver le ciel
Qui chevaucha comme un guerrier
Invincible sur les chemins sinueux
De l’imaginaire
 

La métamorphose d’un être banal
L’éclat d’un jour éternel
Ce fut ton histoire
Indomptable j’étais
Ta beauté était fulgurante
Mon âme, incapable de percer
Le mystère,
Succomba à la plus douce des misères...
Que ceci fut fatal.

 

 

 


 

 

 

DOUX AVEU

 

Vois-tu 

Aujourd’hui je ne suis pas triste

Je suis même heureux et ai l’âme artiste

 

Je voudrais emprisonner dans mes yeux

Le dessin de ton sourire

Naviguer dans la splendeur de tes yeux

Et y périr

 

Je voudrais au monde entier

Apprendre chaque note de ta voix

Cette  douce voix qu’hier

M’a dit : « je t’aime »

 

Tu me l’as dit enfin !

Et j’en ai la résonance sublime

 

Sais-tu que depuis hier,

Tout est devenu chants et lumières

Sais-tu qu’entre moi et le bonheur,

Il n’y a plus de barrière !

 

 

 

 

 

 

 

INSPIRATION

 

 

Amie prends ta plume

Assis toi là, j’ai besoin de ton parfum

J’ai besoin de me verser dans tes yeux

Pour m’enivrer d’une inspiration profonde

 

Mon âme ne supporte plus d’être tourmentée

D’entendre autour d’elle des sons indésirables

Ta voix lui servira de voile pour

Qu’enfin sa barque trouve la rive

D’une paix éternelle.

 

Écris, de toi je puiserais mes mots

Grâce à toi, je puiserais la candeur

Qui manque à mes jours

Car un grain de folie peut toujours

Servir

Et l’amour en est un

 

Pourquoi devrais-je alors rester sage

Puisque l’usage veut que la vie passe par là

Écris, mon amie, ne t’arrête point

Même s’il s’agit de ma fin

Je pourrais au moins dire qu’enfin

J’ai pu avouer mon amour à quelqu’un.

 

 

 


 


ÊTRE TON ETRE

 

 

Âme de mon âme

Vie de mon cœur

Je peux dire sans peur

De me tromper

Avec la certitude

De ne pas te tromper

Que tu es la chérie que je chéris

Que tu es mon unique amour

Sans toi l’existence serait amère

Mes jours seraient vains

 

Tant de malheurs

Et tant de souffrances

Façonnent sans relâche

Notre quotidien

Ma quête s’essouffle

Et ta présence à elle seule

Insuffle à l’esprit

La foi et le courage

Pour que la persévérance

Soit à jamais ma devise

Grâce à toi toute tempête

Se transforme en brise

Et le volcan qui bouillonne sous mon crâne

Se calme et devient

Source d’inspiration sublime

 

 

Je t’en conjure ô mon amour

Ne me quitte pas

J’ai peur sans toi

Le monde idéal

Ne peut se concevoir qu’avec toi

A l’idée de te perdre

Mon cœur frissonne d’angoisse et d’émoi

 

Je t’en conjure mon amour

Ne me quitte pas

Laisse moi me confondre en toi

Et être l’être de ton être.


 

 

 

 

 

IL N’Y AURA QUE TOI

 

 

 

Combien de fois

Il faut encore

Te répéter

Qu'il y a que toi

Et qu'il n'y aura que toi

Même s'il me reste

Une seconde à vivre

Je ferai savoir

Au monde entier

Qu'en amour

Je reste un battant

Et que pour moi l'amour

N'est pas l'affaire d'un instant

N'est pas le sentiment

Prouvé que pour un laps de temps

Alors trêve de doute

Trêve de suspicion

Trêve de disputes

Et de mauvaises intentions

A quoi peuvent servir

Tes jérémiades et allégations

Sinon à tout démolir

Je ne suis pas un farfelu

Quand je dis : Je t'aime

C'est parce que je l'ai voulu

Des années se sont écoulées

Je suis toujours là

Tu es toujours là

En moi je n'ai rien refoulé

Mes souvenirs d'hier

Sont toujours vivants

Ils naviguent en moi

Ils chantent en moi

L'hymne du bonheur

Celui la même

Qui , jadis, a couronné

Avec une extrême intensité

Notre amour

 

Mon amie, mon amour

Que ce soit la nuit ou le jour

Tu vis toujours en moi

Ma mémoire n'est vivante

Que parce qu'il y a toi

Autrement quoi ?

 

Dois-je encore

M'égarer dans mes fantasmes?

Avoir raison

Avoir tort

L'essentiel

N'est-ce pas de t'aimer?

Je ne veux plus penser

Et admettre

Que je sois constamment ruinée

Par le doute

Au point de t'incriminer

De penser à tort
Que tu as cessé de m'aimer

Je ne veux plus me cantonner

A des supputations

A des conjectures

A des suppositions

Et à mes multiples bavures

Mille excuses

Mon amour

Mille excuses

Lumière de mes jours

A partir de ce jour

Je ne penserai plus

Que tu n'es plus

A moi